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euthanasie au pentobarbital sodique

Objectifs

euthanasie au pentobarbital sodique Les questions relatives aux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie font, depuis quelques années, l’objet d’intenses débats tant parlementaires que doctrinaux. Pour l’heure, en France, seule l’euthanasie dite « passive » est admise. L’euthanasie « active » et le suicide assisté (ou aide au suicide), quant à eux, restent pénalement condamnés (Loi n°2016-87 du 2 février 2016). Cependant, ces pratiques, légales ou tout du moins non incriminables, chez certains de nos voisins, tendent à essaimer chez nous, en témoigne la saisie record de pentobarbital en date du 15 octobre 2019. Dans ce contexte, nous rapportons un cas de suicide au pentobarbital chez un homme de 61 ans.

euthanasie au pentobarbital sodique
euthanasie au pentobarbital sodique

Méthode

Le corps sans vie d’un homme de 61 ans, avec un antécédent de maladie de Charcot, a été retrouvé à son domicile. L’examen réalisé au cours de la levée de corps était sans particularité. Compte tenu du contexte, une recherche large des toxiques, des médicaments et des stupéfiants a été réalisée dans le sang (périphérique sous-clavier) par HPLC-UV-DAD, GC-MS et LC-MS/MS.

Résultats

Les analyses ont mis en évidence la présence de pentobarbital (34 mg/L) et d’oxazépam (1,6 mg/L). L’éthanol a été quantifié par GC-FID à 0,44 g/L.

Conclusion

Le pentobarbital est un barbiturique à action rapide, synthétisé en 1928, et commercialisé, soit sous forme d’un acide libre, soit sous forme de sel de sodium. En France, il est actuellement utilisé en médecine vétérinaire uniquement. Après administration par voie intraveineuse, son délai d’action est quasi instantané. Administré par voie orale, son absorption est rapide, et le délai d’action oscille entre 20 et 60 min. Cette molécule est presque exclusivement métabolisée au niveau hépatique et éliminée par voie rénale sous forme de métabolites inactifs (Tamlihat YA et al. Ann Toxicol Anal 2013). Très liposoluble, le pentobarbital atteint rapidement les organes riches en lipides tels que l’encéphale et le tissu adipeux (ce dernier constituant d’ailleurs un réservoir). Très réglementé dans nombre de pays, le pentobarbital reste accessible via internet et/ou dans certains pays où sa vente est moins contrôlée. Par conséquent, et bien que rares, plusieurs cas d’intoxications mortelles, intentionnelles, n’impliquant ni du personnel médical ni des professionnel du monde vétérinaire, ont été décrits dans la littérature. Melo et al. rapporte ainsi un cas de suicide chez un homme de 37 ans, sans contact avec le milieu médical/vétérinaire. Dans ce cas, les analyses toxicologiques mettaient en évidence la présence de pentobarbital dans le sang cardiaque à une concentration de 111 mg/L, associée à la présence d’éthanol (0,94 g/L), de diazépam (0,033 mg/L), de nordiazépam (0,050 mg/L), d’oxazépam (0,003 mg/L), témazépam (0,005 mg/L) et de métoclopramide (non quantifié) (Melo P et al. Forensic Sci. Int. 2017). Dans le cas rapporté ici, La concentration mesurée dans le sang périphérique sous-clavier (34 mg/L) est située dans la zone de toxicité aigüe. Concernant le mode du décès, le contexte clinique et les données de l’enquête sont clairement en faveur d’une origine intentionnelle. La seule question demeurant la participation ou non d’un tiers au suicide i.e. suicide assisté, et donc relevant d’une potentielle incrimination. En effet, comme mentionné à l’article 223-6 du Code pénal, la loi punit la non-assistance à personne en danger : « quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou les tiers, il pouvait lui prêter (…) sera puni de 5 ans d’emprisonnement et 75,000 euros d’amende ».

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